R-3707(Ob)
« Cadre d’image »
- Classification
- Objet
- Niveau
- III
- Habilitation
- Prime
Rapport
« Pourtant, pas un seul regard ne s’y attarde. »
Histoire d’anomalie
Les tableaux de maîtres, grâce à la renommée de leur peintre et à leur rareté, peuvent passer entre les mains d’innombrables collectionneurs au fil de l’histoire. Même s’ils sont temporairement mis au placard en raison des goûts personnels ou des modes propres à une époque, leur valeur artistique intrinsèque finit toujours par les ramener sur le devant de la scène. En revanche, les cadres qui accompagnent ces chefs-d’œuvre et traversent les épreuves du temps sont souvent remplacés au gré des préférences de leurs nouveaux propriétaires.
Chaque amateur d’art qui admire un chef‑d’œuvre voit forcément le cadre, mais lorsque la discussion s’anime et que l’on évoque les couleurs, la composition ou le sens du tableau, personne ne fait mention du cadre. Plus les gens poursuivent avec ardeur ces chefs‑d’œuvre, plus ils considèrent le cadre, qui protège et met en valeur le tableau, comme une simple décoration superflue, certains allant même jusqu’à penser qu’il nuit au raffinement de l’œuvre.
Libéré de la contrainte des tableaux, un cadre pourrait‑il faire l’objet de ne serait-ce qu’un simple éloge ? Peut‑être est‑ce cette obsession qui a permis au cadre, relégué au simple rang d’accessoire de chefs‑d’œuvre, de développer le pouvoir de protester contre cette injustice, devenant ainsi l’anomalie Cadre d’image.
En créant des espaces étranges et en attaquant à grands jets de peinture, les capacités de Cadre d’image semblent toujours étroitement liées aux tableaux qu’il encadrait autrefois… Si Cadre d’image est doué de conscience, il va sans dire qu’une telle réalité doit en décourager plus d’un, n’est-ce pas ?
Peut‑être que c’est précisément cette frustration qui a fait naître en Cadre d’image ce caractère agressif. On pourrait aussi interpréter sa motivation à créer des Royaumes anomaliques comme une façon d’attirer l’attention, tandis que ses attaques sur ceux qui se retrouvent piégés dans un Royaume anomalique ressemblent davantage à des crises de colère… ? Pour ceux aspirés dans le Royaume anomalique, s’émerveiller devant ce magnifique « monde pictural » en perpétuel changement peut être perçu comme une moquerie de la médiocrité du Cadre d’image… semant ainsi les graines de sa colère.
Un tel comportement paraît assez enfantin, mais pour une anomalie dotée de pouvoirs aussi redoutables, même une simple crise de nerfs peut causer des dégâts immenses aux alentours.
Un cadre séparé de son tableau peut‑il encore être appelé « cadre » ? Ou plutôt, n’y a‑t‑il pas, dans ce monde, des choses vouées à rester en permanence des accessoires, dépendantes d’un élément principal ? Des cadres faits pour encadrer des tableaux, ou même des tableaux utilisés comme simples décorations murales… Toutes ces choses ont‑elles le potentiel de devenir des anomalies ? Ou bien Cadre d’image a toujours eu une qualité particulière ?
…C’est une question à laquelle seuls des érudits pourraient répondre. Peut‑être que la prochaine fois que je visiterai la Salle de collection de la Pomme d’or, je devrais rendre hommage aux vitrines… ? Qui sait ? Ce pourrait être une mesure préventive efficace contre la formation d’anomalies… ?
Caractéristiques d’anomalie
- Cette anomalie s’est manifestée soudainement lors d’une exposition d’art publique. La cause exacte de sa formation reste inconnue. Plusieurs visiteurs ont été blessés avant l’arrivée du Bureau de contrôle des anomalies.
- À l’état normal, elle ressemble à un simple cadre de tableau. Après transformation, son corps principal devient un objet en forme d’hexagramme. Toute la surface extérieure de l’hexagramme est recouverte de peinture à l’huile, avec des couches de matière qui ondulent en continu.
- Les membres du Bureau de contrôle des anomalies chargés de contenir cette anomalie rapportent qu’elle peut voler et tournoyer à basse altitude, qu’elle fait preuve d’agressivité, qu’elle projette de la peinture pour attaquer les environs et qu’elle modifie son apparence en fonction des conditions de combat.
- Cette anomalie semble pouvoir transcender les limites de l’espace. Lorsque ses pouvoirs s’activent, elle est capable de créer de manière autonome un petit Royaume anomalique et d’y matérialiser de véritables scènes élémentaires. D’après les spéculations, ses capacités pourraient être liées aux tableaux qu’elle a autrefois encadrés. Sous l’effet de l’imagination (et peut‑être de la surinterprétation) du public, des scènes superposées, fragmentaires et plus généralement non conventionnelles apparaissent dans les espaces créés par cette anomalie.
- Des louanges adressées à Cadre d’image, même si elles ne sont pas sincères, semblent pouvoir l’apaiser et réduire considérablement son potentiel destructeur.
Nexus d’anomalie
Recevoir des louanges et une reconnaissance sincères.
Jauge de risque
En raison de sa capacité à déclencher des phénomènes de Royaume anomalique et de son agressivité active, Cadre d’image constitue une menace non négligeable pour les civils pris dans sa zone d’effet par inadvertance. Toutefois, pour les professionnels du Bureau de contrôle des anomalies et les Chasseurs d’anomalie expérimentés, le niveau de danger reste modéré. Étant donné qu’elle a réussi à rompre les mesures de confinement temporaires du Bureau de contrôle des anomalies, son risque potentiel pourrait être plus élevé, mais cette anomalie ayant déjà été annulée, aucune spéculation supplémentaire ne sera formulée.
Statut de garantie/confinement
Après une phase de confinement temporaire par le Bureau de contrôle des anomalies qui a abouti à une brèche, l’anomalie a été annulée conjointement par une membre du Bureau de contrôle des anomalies, UCC‑2, Menthe, et un Chasseur d’anomalie.